Les racines du surf dans les Landes
Ce trio de stations balnéaires perce l'immense forêt des Landes de Gascogne autour d'un lac marin et d'un petit port de plaisance et de pêche.
Entre les années 1920-1930, quelques écrivains et peintres révélèrent le charme du site privilégié de ce terroir appelé Marensin. La zone accueille aujourd'hui la part importante du tourisme estival des Landes.
Ce serait au printemps 1957 que Jack Rott aurait pris la première vague en France sur la plage nord d'Hossegor. Lors des Championnats du Monde amateur en 1980, Hossegor va se tailler à coups de tubes la réputation d'un des meilleurs beach break du monde.
Attiré par la notoriété de ses vagues photogéniques, l'essentiel de l'industrie européenne du surf s'installe sur place. La médiatisation nationale et internationale du site, grâce à des compétitions professionnelles en été, achève de lier Hossegor au surf.
Zone de surf : Sud Landes
Cette zone de surf, mondialement connue pour la puissance et la rondeur de ses vagues, se situe sur la partie Sud Landes, zone de surf qui s'étend du sud de Mimizan au Boucau.
Constituée à 100% de beach break, la géographie sous marine est particulière et explique la qualité du surf de ces 50 kilomètres de côte.
Dans la langue native, le Gascon, Hossegor veut dire fosse profonde. Cette fosse existe et s'appelle le Gouf de Capbreton. Ce canyon sous-marin sépare la plate-forme continentale. Il permet ainsi d'augmenter la puissance des vagues et offre des spots plus abrités par grosses houles.
Houles
La zone reçoit les houles de N, NW, W, SW. Les deux premières demeurent les mieux orientées pour l'ensemble Seignosse-Hossegor-Capbreton. Par houle de secteur W ou SW, tous les spots au sud des Estagnots sont protégés par le Gouf : ce qui provoque souvent une absence totale de vagues et des vagues qui marchent moyennement tant à Seignosse qu'à Capbreton.
Vagues
Grâce à son sable fin, la côte gasconne offre des beach-breaks d'excellente qualité. Cependant la disposition des bancs de sables se modifie chaque fois que l'océan atlantique se déplace (marée et houle). De ce fait, les noms référencés sur la carte dénomment plus les accès des plages que les vagues elles-mêmes.
La taille maximale des vagues surfables varie selon les plages.
A Seignosse, dès que la houle dépasse les 2m50, il faut que les conditions générales soient parfaites pour espérer gagner une bonne session. Hossegor est par contre surfable jusqu'à plus de quatre mètres grâce à l'effet du Gouf qui permet un accès aux vagues sans problème. A Capbreton, les petites plages du centre sont de bons spots de repli dès que la houle dépasse 2m50-3m sur les spots au sud du Santosha.
Le nord de Seignosse, plus favorable au système des baïnes, produit des vagues plus longues. Seignosse est donc plus propice à la pratique du longboard. Hossegor et Capbreton tirent leur réputation des fameux shore-breaks dont les épaules restent courtes et trapues.
Par toute petite houle les spots de Seignosse sont les seuls à recevoir des vagues à marée basse. La géographie marine locale accentue le rendement éphémère de certains spots avec des coefficients de marées élevés (80 à 100).
Vent
Les orientations de vent les plus favorables sont E, ESE, SE, ENE et NE lorsqu'il est faible. Ils lissent et creusent les vagues alors que le plan d'eau devient clapoteux ou fripé dès que le vent passe S, SW, W, NW, N voire NNE.
Marées
Le meilleur moment de la marée se situe généralement lors des dernières heures du montant même si, selon les bancs de sable vous pouvez trouver des spots de marée basse notamment à la Nord et à Seignosse. Lors des périodes de mortes eaux, avec des coefficients de moins de 50, les vagues sont généralement de qualité moyenne.De même, lors des vives eaux (gros coefficients), le déferlement des vagues est gêné sur la fin de la marée montante par le backwash (ressac) et si la houle est petite, les vagues déferlent en rouleau de bord et ne sont plus surfables.
Saisons
Il y a des vagues tout au long de l'année sur cette zone qui est la meilleure en France avec le Pays Basque. La raison est simple. Le vent onshore est beaucoup moins présent qu'ailleurs. Toutefois, comme sur l'ensemble de la côte ouest, les meilleures saisons sont : l'automne, l'hiver (si les tempêtes passent plus au Nord) et au printemps. L'été est souvent synonyme de petites vagues jusqu'au 15 août. En hiver, les big wave riders affrontent parfois des vagues monstrueuses à la Nord dès que la houle est longue et de plus de trois mètres.
Eau
L'eau varie, de 10° à 13° en hiver alors qu'elle se réchauffe entre 20° et 24° l'été. C'est, sur l'Atlantique et avec le Pays Basque, la région où l'eau est la plus chaude en été et la moins froide en hiver.
Surfeurs
Les spots landais, creux et puissant, sont surfés par tous types de planches. Les "short board" restent les plus adaptés à ces vagues creuses et souvent tubulaires. Toutefois, il y a un bon crew de longboardeurs et de bodyboardeurs.
Depuis quelques années, le tow-in se développe car la sortie en mer est aisée par le port de Capbreton. On voit de plus en plus régulièrement des équipes affronter des monstres sur l'outside de la Nord et Seignosse.
Comme sur toutes les plages connues, le monde à l'eau est parfois problématique aux belles saisons alors qu'en hiver, les sessions entre potes sont fréquentes. Le niveau de surf est le meilleur en France car tout les bons sont là quand ça marche.
Big Sessions
Il y a régulièrement de grosses sessions à la rame ou en Tow-in à Hossegor. Elles se déroulent essentiellement à la Nord qui reste surfable jusqu'à plus de 4 mètres. Les dernières en dates remontent à la fin d'année 2004, en Décembre avec d'énormes becs à plus de 4 mètres. La dernière journée du Quiksilver Pro France 2004 offrait aussi des murs de 15 pieds selon Gary Elkerton qui assurait la sécurité en Jet-Ski. Lors de la session de l'hiver 1995, l'Australien Stéphan Bell prit une vague de 5 mètres qui demeure une référence par la perfection de celle-ci. L'hiver 1996 offrit un swell de 3 mètres à la Gravière, spot mythique par la longueur et l'intensité de ses tubes. Tom Curren fit une démonstration de style en 6''2. La finale du Quiksilver Pro France en 2003 reste aussi un des plus gros et beau moment de surf sur la zone.
Hot Surfeurs
Figure emblématique du surf français des années 80, Jean-Louis Poupinel par ses performances (champion d'Europe) et sa motivation a entrainé dans son sillage une génération de bons surfeurs locaux. (Philippe Chevallier, François et Vincent Liets, Vincent Verdier, Philippe Toulan, Laurent Pujol et Jean Sarthou). Parmi eux, Sébastien Saint Jean, s'est affirmé comme le surfeur le plus performant (vainqueur EPSA) et le plus complet.
Les vagues d'Hossegor attirent de nombreux surfeurs de renom (Gary Elkerton, Robby Page, Tom Curren). En 1980, Maurice Cole fut le premier surfeur/shaper australien à s'installer à Hossegor.
Aujourd'hui les vagues de cette zone par leur qualité, leur côté photogénique et la proximité des sponsors, favorise l'installation des meilleurs professionnels français (Fréderic Robin, Didier Piter, Laurent Pujol, Marie-Pierre Abgrall ).
Le Capbretonnais d'adoption Miky Picon s'impose comme le surfeur le plus technique et le plus performant du coin puisqu'il s'est qualifié pour le circuit WCT 2006, 2007 et 2008. Fabrice Gelez, avec un titre de champion d'Europe cadet, représente la jeunesse du cru. Benjamin Sanchis s'affirme comme un free surfeur de qualité. Derrière, il y a tout une génération de jeunes surfeurs qui montent avec comme leader, le Réunionnais Jérémy Florès qui passait une bonne partie de l'année dans les Landes, jusqu'à ce qu'il se qualifie lui aussi pour le circuit mondial WCT.
Les shore-breaks du coin ont formé et attiré de nombreux bodyboarders. A Capbreton et à Hossegor, Hervé Barranx, Franck Ehrhard, Mathieu Devaux et Olivier Dubois (Lobu) traquent les meilleures vagues. D'autres casse-cou qui sortent du lot sont Pierre Louis Costes qui est actuellement 5éme mondiale , Anthony Zozaya, Derek Crater, Thomas Qurante, Fred Compagnon.
Attention : le niveau à l'eau est souvent très élevé; le pourcentage de locaux au line-up est souvent faible par rapport au nombre de personnes dans l'eau ce qui les rend facilement irritables. Dire bonjour et communiquer permet de passer une session dans une meilleure ambiance.
Dangers et pièges
Vives
La vive est un poisson d'une quinzaine de centimètres possédant un dard venimeux sur sa nageoire dorsale. Les vives apparaissent dès que l'eau se réchauffe à la belle saison. Elles sont présentes à marée basse dans les courants de baïnes pour y frayer. En cas de piqûre, il faut impérativement extraire le dard signalé par un point noir; pour atténuer la douleur, marchez dans le sable chaud, urinez sur la partie sensible ou faites tremper le pied rapidement dans de l'eau très chaude.
Requins
Dire qu'il n'y a pas de requins dans cette zone serait un mensonge, pourtant en voir un reste une anecdote rarissime dans la vie d'un surfer local. Les deux espèces observées à la côte restent inoffensives (requin pèlerin, roussette).
Méduses
De nombreuses espèces de méduses peuvent être rencontrées. En pleine saison (juillet, août), il n'est pas rare de voir de grosses méduses environ 50 cm de diamètre, blanches, dériver au gré des courants. Malgré leur aspect repoussant, elles sont rarement urticantes. Une autre méduse est familière de nos côtes, notamment en septembre/octobre, plus petite, environ 15 cm de diamètre, et de couleur violacée. Elle occasionne des brûlures douloureuses qui se calment à l'aide de Biafine® achetée en pharmacie. En cas de persistance des symptômes (surtout les personnes assujetties à des risques allergiques), il est conseillé de consulter un médecin.
Digues
A Seignosse la digue de roche armée de bois du Penon peut se trouver dans la trajectoire d'une vague. Mieux vaut perdre une vague que de se blesser ou cabosser sa planche. Plus au sud la “ digue en fer ”, ou wharf, possède sur son côté nord quelques blocs rocheux et au sud une cuve en acier pouvant apparaître suivant l'état du banc de sable. Les épis des Bourdaines, des Estagnots et de Hossegor ont quant à eux totalement disparus. A Capbreton, les épis rocheux constituent des obstacles à éviter. Il faut noter qu'ils génèrent toujours un courant qui les longe du bord vers le large. A la Piste les blockhaus sont un réel danger. Ils ont déjà blessé plusieurs surfeurs.
Courants
Comme toute la côte du golfe de Gascogne, cette zone est soumise à de forts courants à dominance Nord / Sud. De plus à partir des Estagnots, l'estran (partie de la plage soumise aux marées) subit le phénomène des baïnes. Ces piscines naturelles du bord de plage se vident en créant un fort courant tirant vers le large. L'observation de la zone de pratique et demander conseil demeurent les deux clés afin d'éviter de se retrouver en mauvaise posture. Prendre un repère sur la dune permet d'évaluer la direction et la force d'un courant lorsque vous vous trouvez dans l'eau.